Elle l'aperçut.De dos.Assis à une table.Il dépliait ses journaux,posait son téléphone, hélait le garçon,passait sa commande,croisait les jambes et se mettait a lire.C'était magique de le contempler,sans qu'il le sache,de lire sur son dos la fin de sa nuit,le début de sa journée,la pause sous la douche,l'appétit qui monte devant les oeufs au bacon,l'espresso noir et l'espoir d'une journée nouvelle.Il se livrait à elle,démuni.Elle déchiffrait son dos.Elle lui prêtait ses rêves,le réchauffait de ses baisers,il s'offrait.Elle tendit la main vers lui et dessina une caresse.
Elle savait maintenant qu'il n'appartenait pas à une autre.Elle pouvait le lire au bras qui se tendait pour tourner la page du journal,à la main qui saisissait la tasse,la portait à ses lèvres,à la nonchalence qui se dégageait de chacun de ses mouvements.
Ce n'était pas les gestes d'un homme épris d'une autre.Ni ceux d'un mari déjà pris.C'était les gestes d'un homme libre...
Qui l'attendait.
Titre & Texte : Katerine Pancol -> La valse lente des tortues.